Thierry Henry, un match plein, un but, c'est la soirée parfaite pour vous à Bernabeu ?
C'était ma première visite ici en effet. Mis à part mon plan personnel, je pense qu'on a fait un bon match en équipe, on a répondu présent. On avait envie de, quoiqu'il arrive, jouer au ballon, sans avoir peur de ressortir. C'est ce qu'on a essayé de faire. Nous aurions pu marquer en début de match. Jens Lehmann sort un super ballon devant Beckham, et après nous avons pris un peu plus confiance. Ce but au début de la deuxième mi-temps nous a un peu plus soulagé. Nous aurions pu en mettre un autre pour récompenser la performance de l'équipe.
Ce but, racontez-le nous...
Des fois, il y a des trucs que tu fais d'instinct. Je voulais aller au but bien sûr, comme sur toutes les actions que j'essaie de commencer. Mais ça ne se termine pas toujours bien. Là, cela s'est bien terminé avec le pied gauche. Mais encore une fois, il ne faut pas parler de moi. Mardi, on a bien joué, j'ai reçu souvent le ballon dans de bonnes conditions, ça m'aide car j'ai le temps de bien le négocier et d'en faire quelque chose.
Collectivement, vous avez dominé Madrid dès la première minute...
On s'est un peu fait critiquer en jouant en 4-5-1 comme ça en championnat. Les gens disaient que nous n'avions pas d'âme. De temps en temps, c'était à juste titre car des fois nous n'étions pas bien. Mardi, on a essayé de montrer un nouveau visage.
La qualification est bien engagée...
Mais tout le monde parle parce que c'est la première fois qu'une équipe anglaise gagne à Bernabeu , mais moi c'est le genre de truc dont je me méfie, car au retour nous savons très bien que le Real Madrid est capable de retourner la situation. Il faut rester serein tranquille et de ne pas s'enflammer car pour l'instant il n'y a rien de fait.
Arsenal a montré qu'il avait de la réserve puisque vous étiez privés de nombreux joueurs ?
On attendait... De temps en temps, ça n'a pas toujours été évident en championnat. Mais mardi, peut-être est-ce dû au fait d'être à Bernabeu, en Champion's League, ça a donné de la force à tout le monde. Quand vous voyez la performance de Cesc Fabregas, Eboué, Kolo Touré, Senderos ou Matthieu Flamini, qui n'est pas un arrière gauche qui domine l'un des meilleurs passeurs au monde (NDLR : David Beckham). Au milieu, nous avons été solide. Freddy Ljunberg a couru partout. Cela a été un travail d'équipe. Et comme je le dis souvent, quand l'équipe est bien, les individualités ressortent. De Mathieu derrière à moi devant, on ressort. Quand l'équipe n'est pas bien, nous ne sommes pas biens également un par un...
Avez-vous été surpris du manque de capacité à réagir du Real Madrid ?
Je ne sais pas. C'est vrai qu'on a aussi bien défendu. Cela les a peut-être gênés. Mais nous savons que cette équipe peut hausser son niveau de jeu au retour, c'est pour cela qu'il faut rester bien tranquille. Il n'y a rien de fait, on a vu tellement de renversements de situation dans le football, qu'il faudra rester bien tranquille.
Thierry, votre match ne va pas calmer les ardeurs de nos confrères espagnols qui vous envoient en Espagne...
Je n'ai pas fait ça pour qu'ils s'emballent. J'ai essayé de le faire parce qu'il fallait le faire. De temps en temps, malheureusement, des fois ça passe à côté et je manque de réussite. J'en ai eu aujourd'hui, je fais ça pour mon club.
Arsène Wenger a dit qu'il espérait que ce match vous convaincrait de rester avec cette jeune équipe...
Ça, c'est le coach qui l'a dit. Je n'ai pas envie de polémiquer là-dessus et je vais éviter de parler de là-dessus et je vais souligner le match extraordinaire des jeunes, c'est surtout à eux qu'il faut tirer un grand coup de chapeau.
Ces jeunes ont donc un grand avenir avec vous ?
Ils ont un grand avenir. A eux de montrer ce qu'ils ont envie de donner. Ils ont montré des choses extra ce mardi en restant calmes à Bernabeu, ce qui n'est pas donné à tout le monde.